
Grande distribution : des efforts à faire pour limiter le gaspillage
Le gaspillage alimentaire : un défi encore loin d’être relevé
Le gaspillage alimentaire reste une épine dans le pied de la grande distribution. Alors que l’objectif national est de réduire de moitié le gaspillage d’ici 2025, il est évident que cet engagement est bien loin d’être atteint. Au cœur du problème, des efforts insuffisants et une volonté freinée par des enjeux économiques, selon des professionnels du secteur.
Un contexte économique qui freine les ambitions
La crise économique actuelle met la pression sur les enseignes de distribution. Avec des coûts en hausse (énergie, transport, matières premières), certaines entreprises revoient leurs priorités et réduisent leurs efforts en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire. Réduire les pertes, oui, mais pas au détriment de leurs marges. Résultat : une partie des engagements pris sont mis de côté, voire carrément abandonnés.
Des pratiques qui demandent à évoluer
Si certaines enseignes se montrent actives dans la lutte contre le gaspillage, beaucoup peuvent encore faire mieux. Les pratiques actuelles, bien que louables, restent insuffisantes pour atteindre les objectifs fixés. Voici quelques pistes pour que le secteur passe à la vitesse supérieure :
Optimiser les chaînes d’approvisionnement
- Privilégier des approvisionnements plus précis pour éviter les excédents.
- Travailler avec des producteurs locaux pour réduire les délais et les pertes liées au transport.
Améliorer la gestion des invendus
- Donner systématiquement les produits non vendus mais encore consommables à des associations caritatives.
- Proposer des promotions ou des réductions sur les produits proches de leur date de péremption.
Investir dans l’innovation
- Mettre en place des outils numériques pour mieux prévoir la demande et éviter la surproduction.
- Soutenir des projets de revalorisation des déchets alimentaires (compost, méthanisation, etc.).
Les consommateurs, acteurs clés du changement
La responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules des enseignes. Les clients ont aussi un rôle crucial à jouer. En choisissant des produits « moches » ou en se tournant vers des produits en promotion en raison de leur date limite de consommation proche, ils encouragent les enseignes à réduire leurs pertes. Et puis, côté domicile, adopter des pratiques anti-gaspi (comme congeler, cuisiner les restes, etc.) peut aussi faire une vraie différence.
Ne pas relâcher la pression
Pour atteindre les objectifs ambitieux fixés, l’effort doit être collectif. Les grandes surfaces, les pouvoirs publics et les consommateurs doivent avancer ensemble. Le contexte économique actuel ne doit pas être une excuse, mais plutôt une opportunité pour mettre en place des solutions innovantes et durables. Le gaspillage alimentaire n’est pas qu’un problème économique ; c’est aussi une question éthique et écologique. Alors, il est temps de retrousser nos manches.